Nommé de très nombreuses fois aux César, il reçoit en 1994 celui du meilleur acteur dans un second rôle pour Tout ça... pour ça ! de Claude Lelouch.
Fabrice Luchini naît dans le 9e arrondissement de Paris. Il est issu d'une famille d'immigrés italiens, marchands de fruits et légumes. Son père, Adelmo Luchini (1910-2008), est né à Villerupt, et sa mère, Hélène Raulhac (1919-2008), dans le 10e arrondissement de la capitale. Il grandit dans le quartier de la Goutte-d'Or dans le 18e arrondissement de Paris.
Comme il n'est pas attiré par l'école, sa mère le place à l'âge de treize ans comme apprenti dans un salon chic de l'avenue Matignon, chez le grand coiffeur Alexandre. C'est alors qu'il adopte le prénom de Fabrice. Il cultive parallèlement, en autodidacte, son goût prononcé pour la littérature (Balzac, Flaubert, Proust, Céline). Il est, en outre, passionné par la musique soul et James Brown, et animateur, il fréquente les discothèques. C'est d'ailleurs sur la piste du Drugstore d'Angoulême qu'il est découvert en 1968 par Philippe Labro, alors en repérage pour son film Tout peut arriver, et qui lui offre son premier rôle (1969)1.
Il décide de suivre des cours d'art dramatique chez Jean-Laurent Cochet, puis rencontre Éric Rohmer qui lui donne une certaine notoriété avec Perceval le Gallois en 1978, Les Nuits de la pleine lune en 1984, film pour lequel il est nommé au César du meilleur acteur dans un second rôle, et Quatre aventures de Reinette et Mirabelle en 1987.
Fabrice Luchini tourne ensuite avec Nagisa Ōshima, Pierre Zucca, Cédric Klapisch, Claude Lelouch et Édouard Molinaro. Mais c'est son rôle dans La Discrète de Christian Vincent en 1990 qui le fait connaître du grand public, et qui lui vaut une nomination au César du meilleur acteur.
Il devient dans les années 1990 un acteur très demandé par le cinéma français et campe de nombreux rôles de composition comme dans Le Retour de Casanova en 1992 aux côtés d'Alain Delon et Elsa Lunghini ; dans Tout ça... pour ça ! ; dans Le Colonel Chabert (1994) aux côtés de Gérard Depardieu, Fanny Ardant et André Dussollier ; dans Beaumarchais, l'insolent. Il est à nouveau nommé aux César pour ces quatre films, et reçoit celui du César du meilleur acteur dans un second rôle en 1994 pour Tout ça... pour ça !.
Fabrice Luchini en 2013.Il s'adonne aussi, notamment grâce à Jean-Laurent Cochet, au théâtre, sa véritable passion, « seul lieu où s'exprime la vie, la nourriture de la vie, ce qu'aucune école n'enseignera jamais ». Il partage son activité entre le cinéma et la scène et rencontre un important succès en déclamant des textes de La Fontaine, de Nietzsche, de Céline (avec Voyage au bout de la nuit), de Paul Valéry, de Philippe Muray ou de Roland Barthes. Il a également fait connaître des auteurs contemporains, Yasmina Reza ou Florian Zeller. Il a été nommé quatre fois aux Molières2, dont deux pour celui du Molière du comédien.
Années 2000
Il est à nouveau nommé quatre fois aux César, par trois fois pour le César du meilleur acteur qu'il n'a toujours pas obtenu, pour ses rôles dans Dans la maison, dans Alceste à bicyclette et, nomination en cours pour le César 2016, dans L'Hermine. Ce dernier film lui a aussi valu d'être nommé au Prix Lumières du meilleur acteur 2016, et de recevoir la Coupe Volpi pour la meilleure interprétation masculine du Festival de Venise 2015.
En 2015, il tourne dans Un début prometteur, sous la direction de sa fille, Emma Luchini.
Vie personnelle
Fabrice Luchini se caractérise comme n'étant ni de droite ni de gauche mais fustige régulièrement la gauche. Il critique souvent les hommes politiques qu'il pense « peu cultivés ».
En 2009, lors d'un interview au magazine Têtu, il confie avoir eu un rapport homosexuel : « (...) À une époque, j'allais mal et je me disais que j'étais peut-être un homo refoulé. J'ai essayé une fois avec un bonhomme, mais ce n'était pas ça. Ça m'a... bouhh... troublé ». En 2012, il affirme à Télérama que, en fait, « pendant vingt ans, tout le monde a cru que j'étais homo : un acteur si maniéré ! Mais j'étais obsédé par les femmes, client des prostituées dès l'âge de 15 ans. J'étais ce que Céline appellerait un tracassé du périnée, un chercheur. ».
En 2012, en réponse à la lettre de l'acteur Philippe Torreton parue dans Libération dans laquelle celui-ci reproche à Gérard Depardieu son exil fiscal, Fabrice Luchini ironise en ces termes : « Ceux qui jugent Depardieu, surtout s'ils sont acteurs, [...] devraient juger aussi leur filmographie. Quand on attaque Depardieu, il faut avoir une filmographie solide ».






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